La version de Quilapayún de la chanson :

Ils ne nous bougeront pas de là / Ils ne passeront pas : petit historique du slogan

Joan Baez la grande chanteuse étasunienne née d’un père mexicain, interpreta de nombreuses fois cette chanson, et elle s’est inspirée d’une autre phrase : “¡No pasarán!”. Cette fameuse phrase devint, durant la guerre civile espagnole (1936-1939), popularisée par Dolores Ibárruri Gómez (La Pasionaria, une des fondatrices du Parti Communiste Espagnol), et qui devint le leitmotiv des républicains voulant empêcher que les fascistes arrivent à Madrid.

Pourtant, ce slogan naquit vingt ans avant en France. L’historien et écrivain Néstor Luján situe son origine à la bataille de Verdun. Celle-ci fut la plus grande de la Première Guerre Mondiale et la seconde plus sanglante après la Bataille de la Somme. La bataille de Verdun fut célèbre pour le fameux « Ils ne passeront pas ! » déclaré par le commandant français Robert Nivelle, et non – c’est ce que soutient l’historien Pedro Voltes – de Pétain qui ne brillait pas par sa rhétorique.

Dès la fin des années 30, « ils ne passeront pas » (en anglais : “They shall not pass”) devint le slogan utilisé pour exprimer la détermination à défendre une position contre l’ennemie. Il apparut après sur des affiches de propagande, comme celle de Maurice Neumont après de la Seconde Bataille de la Marne, avec la forme « On ne passe pas ! », qui sera la forme adoptée sur les plaques des uniformes de la Ligne Maginot.

“¡No pasarán!” est devenu un slogan international antifasciste, utilisé dès que l’on veut montrer qu’on a pris conscience du danger (on est clairvoyant !) et qu’on est prêt à le combattre (on est un héros !) jusqu’aux « ultimes conséquences » (on aime aussi voir son héroïsme dans la glace, surtout lorsque le danger est loin et encore abstrait).

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