§5. Sans attendre la confirmation des résultats officiels, les rues de Providencia se sont remplies de klaxons, de cris et de chants. Assis sur les portières des voitures, vitres baissées, des jeunes agitent des bouteilles et des drapeaux blancs avec un cercle entourant une étoile, logo du Parti National, on s’embrasse, les phares des voitures brillent sur les pupilles de Juan venu fêter cette sortie de crise par les urnes, le retour au Chili qu’il a connu et aimé pendant un an. Les noms de Labbé, Frei, Jarpa, Musalem, ceux des candidats de la CODE sont exhibés sur les carrosseries des 4L ou des 2CV qui se suivent dans le bruit, sur la grande avenue à double sens. On n’avance pas, mais on n’est pas dans la rue ce soir pour arriver quelque part, on est déjà arrivé là où on voulait, c’est-à-dire à mettre en déroute le marxisme. « Marxisme ou liberté », disait-on pendant la campagne, c’est liberté, joie et champagne ce soir ! « Le Chili était et sera un pays libre ! » chante un groupe hilare et soulagé, Allende sera obligé d’organiser un plébiscite qu’il perdra et il partira pronostique-t-on par ici, et là des femmes tapent sur des casseroles, mais d’allégresse cette fois-ci, le « marxisme est allé se faire voir ! ».

On peut néanmoins écouter à la radio, à 20h30, le second bulletin officiel :

  • Sénatoriales : CODE : 53% | UP : 45%
  • Parlementaires : CODE : 56% | UP : 41%

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