§10. J’ai quand même pu reparler à Claudio. Sur le plan humain c’est parfait. Sur le plan de l’engagement politique, je n’ai pas pris vraiment ma décision : dois-je militer de manière critique au sein du PC au nom d’un principe d’efficacité ou être plus cohérent avec moi-même et choisir l’action directe des maoïstes ? J’en reste pour le moment au statu quo. Après dix jours de lectures et d’abstention de toute activité politique, quelle joie de retrouver Agustín, Claudio et le Stade du Chili, pour y entendre un discours de Luis Corvalán, à l’occasion de la commémoration des 50 ans de l’URSS. Et de quitter un moment l’univers clos et médiocre de Marcia et sa pension pour fêter une grande civilisation en marche, poussé par le vent du futur et du progrès.

Notre devoir patriotique est d’avancer en vainquant les difficultés par le travail et le sacrifice.

A ce moment-là, je me gonfle d’énergie et d’orgueil jusqu’à oublier que j’ai faim, pour me nourrir d’espoir et de volonté. Claudio chante, Agustín chante, nous avons nos yeux tournés vers Moscou, notre Mecque. Plus que La Havane et ses barbus qui ne sont que les petits frères de ce nouveau monde s’écrivant peu à peu depuis un demi-siècle dans l’ancienne Russie tsariste. Peut-être autant que Pékin.

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