§13. Nous nous quittons, tôt le matin après avoir dormi un peu sur la plage et roulé au petit jour, à Concepción, où nous savions que notre voyage commun se terminerait. Nous sommes le 14 février, Saint Valentin, jour que je passe toujours seul, et là je m’en rends compte. Aucun des deux n’a évoqué le sujet. Je suppose que nous ne sommes pas en couple. Et encore moins lorsqu’on ne s’est pas connus bibliquement.

J’ai à faire, et elle aussi, dans cette ville sans charme où je ne fais que passer, pendant qu’elle doit rester.

Cet alinéa est gros d’une journée. J’ai passé la dernière nuit à l’hôtel où tous les murs se tapissaient du visage fin de Gladys, je retrouvais ses cheveux dans la douche bien qu’elle n’ait jamais été avec moi ici, son parfum trainait dans les couloirs, comme si elle me précédait de quelques secondes à chaque fois que je me déplaçais, je n’ai pas dormi beaucoup. Cette nouvelle nuit à passer dans la ville risquait elle aussi d’être presque blanche. Je me sentais seul, ce n’est pas si fréquent, puisque d’habitude je prends comme un cadeau lorsque les Hommes me laissent tranquille. Et ici personne avec qui aller boire un verre, pas envie d’aller dans un établissement tenter de trouver un compagnon de soirée intéressant.

Ce nouvel alinéa est lourd de nombreux tours dans le lit, à tenter d’y enrouler mon insomnie mais sans arriver à dormir à un seul moment. Nous n’arrivons pas à nous quitter à Concepción, car me voilà à toquer devant la porte de Gladys en pleine nuit.

— Oui ?

— Tu as du temps encore devant toi ? J’aimerais visiter le sud jusqu’à Puerto Montt, avec toi.

Elle se jette dans mes bras.

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