§19. Au pied du volcan Puyehue, nous sommes comme un vrai couple platonique qui se connaîtrait depuis longtemps, qui a une vraie complicité et pourtant. Elle me parle de ses anciens compagnons sans crainte de me faire mal, comme de faits passés et morts ; heureusement, elle n’essaye pas de me faire parler des miennes, lesquelles raconterais-je ? Sa pudeur l’honore, je ne l’en apprécie que plus. Nous parlons en tout cas sans complexe de cette date à laquelle nous savons que nous serons irrémédiablement séparés. Sans que cela nous gâche le plaisir actuel. Nous nous aimons sans avenir, et nous donnons ainsi, tout, sans compter. Ce n’est pas du nihilisme, mais comme un carpe diem permanent qui nous transporte. Il me semble tout de même qu’un silence plane sur nous, qu’il faudra percer un jour, bientôt, nous n’avons pas l’éternité devant nous.

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