§8. Et Salvador Allende dans tout ça, depuis que j’ai rencontré Helena ? Lui sait qu’il est condamné. Il prépare déjà sa sortie, affûte ses répliques dans l’espoir qu’elles soient consignées par l’Histoire grâce à ses actuels et futurs admirateurs. « Touche-moi je suis de la chair à Histoire », aurait-il prononcé à Gloria, que j’ai revue avec détachement et plaisir, même si je l’ai retrouvée moins belle que dans mes souvenirs. Il écrit alors son personnage devant tous ses proches qui devront en être les témoins vivants et si possible prolixes. Celui qui fera autorité pendant des années. Et puis les pigeons, qui ne respectent heureusement rien, déposeront leur fiente sur sa statue alors que d’autres espèces de pigeons n’oseront pas toucher à la légende, toujours prêts à manger les miettes qu’on leur jette, et s’en repaissant avec reconnaissance.

Donc, c’est vrai que j’avais décidé d’ensemencer au préalable toutes les femmes du Président de la République, mais depuis que j’ai rencontré Helena, je peux bien dire que je ne suis absolument plus jaloux pour Gloria, qu’il m’indiffère même, même si cela ne retire rien de toute l’estime que j’ai pour cette femme ou les potentielles autres qu’il aurait mis sur ma route, y compris les fruits interdits. Donc, non, je m’en fous désormais : que changer d’avis soit reconnu comme un Droit de l’Homme !

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