§4. Cloitré chez moi, et le célibat me revient en plein figure, car si je veux parler avec quelqu’un ce soir il me faudrait me mettre devant une glace, et j’ai piètre allure. J’ai même l’impression que cet idiot de miroir s’amuse à me refléter mon visage repeint par Francis Bacon. Je devrais le rompre pour le punir, mais j’en ai encore besoin et ne sais pas trop si je pourrais le remplacer par un plus fidèle. Pourquoi suis-je ainsi décomposé ? Parce que je suis prisonnier chez moi, moi qui ai habitude de rentrer pour aller directement me coucher ? Parce que j’ai peur pour Jean et d’autres de mes amis que je sais avoir quelques accointances avec les vaincus ? Comme je hais ces gens qui me ramènent aux affres de la compassion ! On ne joue pas avec le feu sans se brûler un peu. Faut-il que je souffre pour ceux-là qui n’écoutaient pas lorsqu’on voulait leur monter la vacuité de leurs idéaux ? Ne sont-ils pas responsables, eux seuls, de ce qui leur arrive aujourd’hui ? Ils savaient, ou auraient pu savoir, et non seulement s’entêtaient mais nous riaient encore au nez, si fiers derrière l’étendard de leur arrogance… Merde aux fils prodigues qui nous causent tous ces soucis, puisqu’au fond, cette force qui s’abat sur eux, ce n’est rien d’autre que celle qu’ils auraient souhaitée déployer contre leurs adversaires.

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