13. [Version officielle] Et de fait j’ai décidé de lutter. Même dans ma vie privée, avec mes sentiments. Ne pas me laisser abattre. Alors j’ai laissé pendre ma main au hasard pour voir si elle en accrochait une autre. J’ai fait part à l’humanité entière de ma présence en me montrant à tous, un peu comme un chien balise ses balades d’urine. J’ai traîné mon existence dans chaque recoin du quartier. J’ai rendu des services. J’ai discuté. J’ai été présent. Je me suis ouvert. Je suis allé vers les autres. Et rien. Je n’ai retenu le regard de personne. Et si dans ces rues ou dans l’enfermement d’une habitation quelconque, le cœur d’une princesse bat pour moi, qu’elle m’attend et que je l’ignore ? Et si je la cherche à mes heures perdu, quand elle demeure au-dessus de mes yeux à regretter mon absence ? Nous reconnaîtrons-nous, quand, surgissant l’un pour l’autre du hasard, nos regards se croiseront ? Je deviens superstitieux et m’imagine qu’un destin, une Providence, doit avoir pensé mettre sur mon chemin celle avec qui je ne ferai plus qu’un. Même ici où partout autour de nous la haine tapisse les murs de la ville. Moi, j’ai de l’amour à donner et personne n’en veut. Aucune. Juan aurait sans doute raison même si c’est immoral, il faudrait se consoler des bras d’une femme dans ceux d’une autre, faire d’une relation un entrelacs de sentiments, un jour radieux entre deux lumières, avant de trouver la bonne. La bonne. (Un soupir.)

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