§5. Le vide s’étend, indissoluble, dans toute la chambre où j’ai été contraint de me réfugier ce soir faute d’avoir trouvé où me rendre utile. Alors je lis. J’essaye de lire. Natalia est occupée ce soir, à quoi ? Dois-je lui demander des justificatifs maintenant que j’ai été trahi, et ne puis-je lui faire confiance en effaçant tous les doutes qui lui rappellent mieux sa faute envers moi ? Natalia est occupée, c’est tout. Il ne faut plus y penser, même si cela pèse en moi. Je fais semblant de lire. La théorie m’ennuie. Ce que l’un écrit l’autre le réfute. Seul le geste est inscrit dans le temps, irréversible pour le meilleur et pour le pire, mais concret, réel. Alors que les idées s’envolent, s’autodétruisent : de la fumée. De tous les recoins la lumière s’écoule en épousant l’ombre, s’imbriquent. Le père de la Victoria n’a pas eu besoin de moi ce soir, Claudio travaille, mes colocataires sont sortis, je lis (je tente, je feins). Je devrais trouver ça bien.

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