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Maintenant que Pinochet est entré dans le texte, ma tâche va s’avérer encore un peu plus compliquée, puisque le personnage polarise et soulève les passions. Je peux donc me permettre de rappeler la difficulté d’être un narrateur omniscient. En effet, si un personnage, ancré dans son « horizon d’attente » et sa subjectivité, peut se tromper, être de mauvaise foi, voire mentir, il aura toujours possibilité de s’en sortir, la littérature lui offrant le droit à l’irresponsabilité et les moyens de se dédouaner par avance en organisant celle-ci. Pour un narrateur omniscient – même s’il est protégé par son anonymat, même s’il a signé des décharges stipulant qu’il acceptera dans le silence toutes les insultes, les quolibets, les caricatures – une erreur factuelle, de celles qui sont indubitables et ne dépendent pas de l’orientation d’une lecture historique, d’une scansion toujours plus ou moins arbitraire dans le flot ininterrompu et trop foisonnant des évènements, ne lui sera pas pardonnée. Il a le pouvoir de se glisser où il veut, invisible, voyeur sans corps et sans temporalité, reflet de Dieu dans cette réalité, peut-être dans d’autres, parallèles, et pour tâche de surprendre autre chose que des ébats cachés à publier sur Internet, mais des grands moments, des grandes personnes ou des petits détails qui permettent, par une allusion ou un rapprochement, de faire comprendre bien des choses. Il a même le pouvoir d’entrer dans l’esprit de tous ces gens qu’il côtoie sans qu’eux-mêmes ne le sachent, de relier les personnages inventés à cette fiction un degré en dessous qu’est notre Histoire, et de montrer ce que personne d’autre au monde ne pourra révéler. Même si c’est désagréable à voir, il casse des rêves, réveille des dormeurs volontaires… Cette chance, ce statut privilégié se payent, donc, comme tout. En plus, on ne peut même pas se fier aux témoignages oraux, qui tous mentent, et le plus souvent à eux-mêmes, de bonne foi, parce que la mémoire est un outil de sélection qui sécrète ses propres amnésies. Comment aller rencontrer des mères de disparus, probablement torturés et jetés quelque part comme de vulgaires déchets dont il faut se débarrasser honteusement, comment écouter leur souffrance avec empathie et arriver dans un second temps à leur montrer que leur enfant aurait peut-être été tout aussi cruel s’il avait été de l’autre côté du fusil, le bon, celui qui tient la gâchette, et que, emporté dans l’élan des évènements… « non » — vous répond-elle — en larme et indignée, « pas mon enfant ». Non ? Et tous les Allemands étaient-ils nés pour envahir la Pologne ? Les Russes avaient-ils le goulag dans le sang ? Les Américains ont-ils l’impérialisme et le racisme dans les gênes ? … « Tous les autres, oui, mais pas mon enfant » — répète-t-elle. Et quel sens a l’humanité si une mère ne défend pas de manière inconditionnelle, bornée et aveuglément entêtée, le fruit de ses entrailles, fût-il le pire boucher ? Qui est-on pour demander à un ancien militant qui a vu périr ses amis, ses proches, une partie de soi, de piétiner ses rêves d’antan par une vision plus objective des choses ? Comment ne pas comprendre que beaucoup de Chiliens préfèrent voir la main invisible des EUA dans le coup d’Etat, cet épouvantail extérieur étant si utile pour dédouaner la moitié de leurs compatriotes qui a plus ou moins applaudi le soir du 11 septembre – on jugera les têtes pensantes de l’horreur et on laissera dans leur silence les millions de complices silencieux comme on peut mentir par omission. Et si utile aussi pour ne pas se souvenir que l’Unité Populaire, l’autre moitié des Chiliens, n’est pas sans responsabilité dans la déroute de son utopie, Salvador Allende ayant été à la croisée d’intérêts, de choix tactiques inconciliables, d’egos, qui équivalaient, vu la faiblesse de son soutien électoral initial (36%), à lui demander d’établir la quadrature du cercle… Les membres de la Fondation Salvador Allende (Joan Garcés ou Victor Pey en tête), et Víctor Farías se détestent. Vous pouvez aller prendre un café chez les uns et les autres, apprécier leur sérieux, leur bonne foi, les remercier pour la documentation qu’ils peuvent vous prêter, et puis au moment d’écrire il faut bien choisir. Car les uns et les autres se contredisent et ne peuvent pas toujours avoir raison en même temps dans une dialectique bien heureuse, deus ex machina qui permettrait de les épargner tous, voire de les réconcilier. Donc impossible de ne pas se mouiller, de ne pas être un peu ingrat. Michel Foucault, qui admirait Maurice Blanchot, a toujours refusé de le rencontrer, afin de garder intacte l’image qu’il s’en faisait. Il avait raison. Les Hommes mettent le meilleur d’eux-mêmes dans leurs œuvres, il vaut souvent mieux les rêver que les connaître (et encore moins être leurs proches). Comment non plus ne pas être conscients que les documentaires sont réalisés par des anciens acteurs des faits qu’ils relatent, des partisans, des sympathisants, qui proposent une narration des faits partielle et partiale, à l’aune de ce qu’ils ont vécu et souffert ? Faire confiance aux historiens, ces gens sérieux et renseignés ? Les uns ne cachent pas leur adhésion à tel ou parti, à telle lecture marxisante des faits, à telle autre libérale ou conservatrice, et l’annoncent même, ce qui est d’ailleurs mieux puisque de toute façon le lecteur non-capable de lire entre les lignes ne sera pas non plus capable d’être critique avec ces dernières et celui qui reconnaitra l’idéologie servant de grille de lecture au texte se crispera irrémédiablement, s’il sent qu’on a voulu lui faire de la vente forcée ou qu’on a voulu falsifier la marchandise. Et il préfère de toute façon les auteurs honnêtes et fiers de leurs choix idéologiques. Ainsi, Patricia Arancibia Clavel vient d’une famille de militaires et son frère n’est autre qu’Enrique Arancibia Clavel, ex-agent de la DINA accusé de l’assassinat de René Schneider, en 1970, dans le groupe du général Viaux, puis, en 1974, dans celui de Carlos Prats à Buenos Aires. Arturo Fontaine Aldunate, à qui on doit plusieurs livres intéressants, était, comme on l’a vu,[1]Cf. 1. III §10. un ami des personnes engagées dans le complot contre l’Unité Populaire, ou des Chicago Boys dont il écrira l’histoire plus tard. On doit à Gonzalo Vial la meilleure biographie d’Augusto Pinochet – il a participé à la rédaction du Livro Blanco, distribué par la Junte aux lendemains du coup d’Etat, « montrant », documents à l’appui, qu’un plan Z, visant à créer un régime totalitaire au Chili (avec la complicité ou contre Salvador Allende et la frange modérée de l’UP, on ne sait pas trop…) et à tuer de nombreuses personnes, bien plus que 3000 peut-être… et de nombreux Chiliens d’aller à l’époque jusqu’à payer des journalistes pour faire partie de ces listes de morts prévus, afin de montrer leur opposition aux vaincus d’hier, donc leur pleine conformité avec les nouveaux maitres de Santiago… Le Chili actuel a-t-il changé ? Visitez le Musée de la Mémoire, laissez-vous emporter par le conte : le Mal arrive le 11 septembre (on ne sait pas pourquoi, mais c’est le Mal, alors il est méchant et il fait son boulot de Mal, et après tout n’est-ce pas suffisamment évident comme ça ?), détruit la Moneda, Salvador Allende meurt, et la torture commence. Emouvez-vous sincèrement le temps de visiter quelques pièces, puis en montant, vous serez heureux de voir le retour de la démocratie, 17 ans après, grâce à la victoire du non (au régime de Pinochet) à 57% au référendum organisé par la Junte elle-même. Passez à la boutique, glorifiez les héros des années 70 via le merchandising révolutionnaire (le t-shirt Allende restant une valeur sûre), achetez un livre qui vous expliquera comment devenir un bon marxiste, « plus jamais ça » et rentrez chez vous. Happy End. Adhérez éventuellement au Parti Socialiste ou au Parti Communiste. La vérité ? Une catin qui se livre au plus offrant, au plus organisé, à la plus efficace des agences de propagande, l’Etat étant souvent, de toutes, la meilleure car parée du sceau magique de l’officialité. Il faut donc se débrouiller seul.

Seul et au milieu d’une Histoire peuplée de mensonges plus ou moins conscients, où l’on apprend des années plus tard que le livre de mémoires Una vida por la legalidadpublié en 1975 sous le nom du défunt Carlos Prats était, en fait, un faux réalisé par Eduardo Labarca, à la demande du Parti Communiste Chilien en exil en URSS.[2]Affaire révélée par l’auteur lui-même en 2005, cf. le site personnel de l’auteur. Où l’on sait pertinemment qu’Augusto Pinochet a réécrit sa propre histoire dans El día decisivo, publié six ans après le coup d’Etat, falsifiant l’homme qu’il était encore à quelques jours de ce moment où sa vie bascula.[3]Cf. notamment González 2000. Et que dire de la mort de Salvador Allende ? Son corps était encore chaud dans le Palais de la Moneda que déjà son mythe naissait. Très vite récupéré par Fidel Castro dans une lecture héroïque et pédagogique où il devint instrument de propagande.[4]Cf. Le plus bel exemple d’héroïsme, Castro et Allende 1973. Il n’a pas pu se suicider, dirent Castro et la famille du Président – dans un premier temps – s’opposant à l’Armée qui, elle, avait tout intérêt à ce qu’il soit mort, et de son propre chef, car si les assassinats seront de mise quelques jours après leur prise de pouvoir, il valait mieux en éviter certains plus symboliques que d’autres… et puis Castro avait quand même prévu une porte de sortie dans son discours, en expliquant via une parenthèse qu’au pire même si se suicider est lâche, c’est en même temps un beau geste de bravoure. Jusqu’ici il lui fallait montrer qu’Allende était mort fusil à la main, et qu’il était donc le premier combattant d’une nouvelle étape de la révolution, celle qui aurait toujours due être choisie, à son goût : la voie armée. Mais :

Les fascistes ont essayé de cacher au peuple chilien et au monde entier ce comportement extraordinairement héroïque de la part du président Allende. Pour ceci ils ont essayé de mettre l’accent sur la version du suicide.
Même si Allende, gravement blessé, pour ne pas être fait prisonnier aux mains de l’ennemi s’était tiré une balle, ce ne serait pas un démérite sinon que cela aurait été un geste d’une extraordinaire valeur !
[…] [Quelle qualité] peut-on lui dénier à cette heure suprême de sacrifice et d’héroïsme !

 Je gagne à tous les coups, au cas où. Fort, non ? Puis la famille comprenant que l’image de leur proche n’était en rien écornée par le fait qu’il se soit suicidé, se rallia à cette thèse. Juan Vivés prétend qu’un des frères La Guardia, présents à la Moneda ce jour-là, et dont ils sont mystérieusement sortis sans problèmes, lui a tiré dessus sur ordre de Castro,[5]Ammar, Vivés et Machover 2005, 164, 170-171 et 173. afin que ce premier puisse avoir son deuxième Che Guevara mobilisable dans l’édification de son peuple. On peut bien déterrer les morts et tenter de les faire parler grâce aux traces scientifiques laissées sur leur cadavre, la vérité historique n’est ici que très secondaire, presque superflue, invitée à sa propre fête d’anniversaire où personne ne la connait et nul ne veut lui parler… Et des versions présentées certaines sont évidemment fausses, parce qu’elles sont contradictoires : certains mentent donc, quelque part, à un endroit de la chaine des témoignages, on ne peut pas enquêter sans un moment accuser ; et se quereller, parce que l’autre se défend, évidemment, il fait son travail de menteur. Il y a aussi des mystères, des blancs à éventuellement remplir, des choix à faire à défaut de garder le silence : pourquoi Beatriz Allende et Laura Allende, respectivement fille et sœur du défunt président se suicident-elles à La Havane, l’une en 1977 et l’autre en 1981, alors qu’elles étaient de ferventes admiratrices du régime castriste ? Pourquoi Fidel Castro a-t-il confisqué la lettre laissée par la première, sa plus grande supportrice, mariée à un cubain – on soupçonne cependant que l’amour de Luis Fernández de Oña ait été piloté par Castro[6]Cf. Espuña 2009, à partir du chapitre 27 et la recension de l’ouvrage ici-même.– devenue avant sa mort boulimique puis anorexique ? Et la mort de Pablo Neruda est-elle si simple ? Mario Amorós Quiles, avec un livre publié en 2012, puis Manuel Araya – qui se bagarre avec des membres de la fondation Pablo Neruda pour savoir qui avait la plus grosse connaissance du poète, s’il n’était que simple chauffeur ou plus intime[7]Cf. “Manuel Araya: ‘La Fundación Neruda usurpó el legado del poeta, deben regresar la herencia al pueblo de Chile‘, Clarín.cl, 12 février 2013. – et Francisco Marín, publiant un autre la même année au Chili,[8]Respectivement, AMORÓS QUILES Mario, [2012] Sombras sobre Isla Negra, Ed. B Chile, avril 2012, 246 p., et MARIN Francisco, El doble asesinato de Neruda : con el testimonio de Manuel Araya, … Continue reading sèment le doute au point qu’en mars 2013,2

un juge décide d’exhumer le corps du poète pour voir si l’on retrouve des traces de poison. Comme avant lui Salvador Allende, et comme peut-être l’ancien président Frei Montalva juste avant l’Unité Populaire, mort dans des circonstances étonnantes en 1982,[9]Amorós 2012, 18-19. et de manière très opportune pour Pinochet, au moment où la crise sévit au Chili et qu’il est bon de ne pas avoir de concurrent trop charismatique dans le pays. Ou hors du pays, cas que présentait Carlos Prats après le coup d’Etat. Les morts n’en finissent pas d’errer entre deux mondes au Chili. En même temps, c’est bien, voilà de la place pour les interprétations complotistes, l’invention plus ou moins réaliste de réseaux obscurs où des agents secrets, doubles, triples, se tirent dessus : les gens adorent les policiers et les films d’espionnage. Il leur faut des morts pour qu’il y ait une enquête qui les captive. Mais des fictifs de préférence car les vrais sentent mauvais. Et ils font pleurer les victimes au second degré : les proches. C’est trop triste.

Enfin, pour couronner la désillusion, en plus de ne pas être grise,3 Isla Negra n’est même pas une île !

Et si tout ce que je (moi qui vais arrêter de parler à la troisième personne pour me rapprocher un peu du commun des mortels) viens de dire est vrai, si c’est généralisable, ça veut dire alors que tout ce que vous avez fait de bonne foi lorsque vous êtes allés défendre la démocratie dans la rue ou dans les urnes, lorsque vous avez défilé pour de justes causes, lorsque vous avez donné de l’argent pour des plus nécessiteux, lorsqu’une histoire était très belle, lorsque vous avez changé vos comportements et fait la leçon aux autres pour sauver la planète, …tout ceci était peut-être faux ou plus compliqué que ce que vous pensiez. « Mais alors » — me diras-tu, puisque j’ai le droit de te faire parler sans te demander ton avis, cher lecteur (et on se tutoie, pas de ça entre nous non plus, hein, nous sommes reliés par un texte, nous sommes les derniers à résister au règne de l’image abrutissante, nous sommes une élite ; et moi je ne te veux aucun mal !) — « nous autres, masse sans voix, pour nous protéger de la déception, du sentiment d’avoir été trahi, après ces moments où on s’est sentis forts et bons, où l’on s’est regardés orgueilleux dans le miroir de nos consciences, nous faut-il renoncer à tout espoir, à tout rêve, à tout projet collectif qui nous englobe dans quelque chose de plus grand que nous ? De peur de la chute après un bonne taffe de narcissisme et de foi en l’homme, faut-il nous réfugier dans l’existence la plus plate, sans reliefs et sans gouffres, où la seule métaphysique de nos existences de lombrics jouisseurs serait de publier nos repas sur Facebook ? »4 Je ne sais pas. Débrouillez-vous.
Enfin, après avoir tout mis par terre, à plat, y compris notre moral, à quoi bon ce passage anachronique qui vient révéler aux moins renseignés que tout ça va inexorablement vers un coup d’Etat que tous pressentent et commentent depuis le 4 septembre 1970,5 tragédie qui les emporte tous, bien que tous, vanités si communes, se sentant capables de nager à contre-courant ou de bâtir un barrage dans l’Histoire en vue de créer une centrale hydroélectrique novatrice et pharaonique qui éclairera le futur… Bref, y aura-t-il enfin une révélation, un fait nouveau, quelque chose qui nous fait avancer vers le moment crucial ?

Non.

Notes

  1. — Ferrer à gauche était une concession coupable au fascisme ! Garder cette morne marge gauche à la rectitude momia n’était qu’une demi-mesure, il faut être conséquents, camarades ! Quiconque s’oppose à cette décision de bon sens n’est qu’un révisionniste !

    — Bravo, Messieurs les conciliateurs ! Vous avez accordé cette mesure stupide et laide et non contents de vous avoir mangé le doigt, voilà que les étudiants s’attaquent à votre avant-bras. Vous y serez jusqu’aux cou (et plus si affinités !)
    — Nous croyions bien faire, Juan…

  2. Si monsieur le narrateur est capable de citer un fait de 2013, pourquoi ne parle-t-il pas du tremblement de terre de 2010, en 1. IV §13 (fin). Ou ce texte aurait donc été écrit entre 2004 et 2010 ou cet homme est bizarre… [Note de Juan]
  3. Cf. 1. IV §12.
  4. Note pour les lecteurs de 2020 et années suivantes : Facebook était un site Internet classé dans la catégorie des réseaux sociaux, permettant d’échanger nombre de choses, comme des liens, des photos, des petits textes, allant du plus sérieux au plus futile, avec une prépondérance bien marquée pour la seconde catégorie néanmoins. Il servait le plus souvent de cimetière de relations, accumulation des liens virtuels avec des gens qu’on avait plus ou moins connus et qu’on avait peu de chance de revoir, ou de journal people de l’anonyme, chacun pouvant mettre en scène une vie à laquelle ne s’intéressait pas les media.
  5. Jours des élections présidentielles qui a vu la victoire de Salvador Allende.

Références

Références
1 Cf. 1. III §10.
2 Affaire révélée par l’auteur lui-même en 2005, cf. le site personnel de l’auteur.
3 Cf. notamment González 2000.
4 Cf. Le plus bel exemple d’héroïsme, Castro et Allende 1973.
5 Ammar, Vivés et Machover 2005, 164, 170-171 et 173.
6 Cf. Espuña 2009, à partir du chapitre 27 et la recension de l’ouvrage ici-même.
7 Cf. “Manuel Araya: ‘La Fundación Neruda usurpó el legado del poeta, deben regresar la herencia al pueblo de Chile‘, Clarín.cl, 12 février 2013.
8 Respectivement, AMORÓS QUILES Mario, [2012] Sombras sobre Isla Negra, Ed. B Chile, avril 2012, 246 p., et MARIN Francisco, El doble asesinato de Neruda : con el testimonio de Manuel Araya, Santiago de Chile : Ocho Libros Editores, 2012, 195 p.
9 Amorós 2012, 18-19.

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