§9. Emelec (Equateur) a battu Colo Colo 1 à 0, hier soir à Guayaquil, en Copa Libertadores. Ce qui donne :

  1. Emelec (On vient de le dire), 6 points
  2. Colo Colo (Qu’on ne présente plus), 3 points
  3. Nacional (Equateur), 3 points
  4. Union Española (Chili), 0 point.

Sachant que seule la première équipe se qualifie pour le prochain tour, il va falloir que les blanc et noir se réveillent… Sinon hormis la déception d’hier soir sur la pelouse, il y a comme une trêve après les élections, au Chili. Une respiration laissant le temps à chacun de comprendre et d’analyser ce qui s’est passé. Pour les militaires présents au gouvernement, c’est l’heure de la retraite. Politique, cela va sans dire, car ils savent qu’en retournant à leur fonction première tous ces hommes des casernes auront du pain sur la planche (ce qui, notons-le, en ces temps de rareté, ferait des jaloux !). Carlos Prats en premier lieu, qui sait bien que ça chahute dans les rangs. Fortement. Qu’il faudrait mettre des agitateurs à la retraite, bien militaire celle-là, au risque de les pousser en politique – comme le général Labbé qui a fait la campagne sénatoriale à Santiago pour le PN – tout en manœuvrant bien, car sortir des récalcitrants manu militari causerait plus de remous que de les laisser en poste pour l’instant. L’affaire Canales1, en septembre dernier, ou les péripéties de l’encombrant Viaux en donnent des exemples. Pourtant Prats n’aspire qu’à retourner à ces soucis-là. La grève d’octobre est du passé, les élections se sont aussi bien passées, même si on pourra toujours contester tel ou tel détail – un sénateur du Parti National qui se plaint au téléphone du « vol » d’une place au Sénat pour son parti, d’autres peccadilles – et le Ministre de l’Intérieur, malgré les dures attaques et railleries de la droite qui l’accuse de collusion avec l’UP, voudrait redevenir soldat avec le sentiment d’avoir accompli sa mission.

Sans doute. Sauf qu’il n’a pas sauvé le gouvernement, celui-ci se trouvant toujours avec une minorité dans les deux chambres, au point que des ministres aimeraient que l’Armée reste auprès d’eux pour jouer son rôle stabilisateur. Mais pour l’Armée stabiliser l’UP reviendrait à se déstabiliser elle-même définitivement, qui veut se dégager du champ politique, et la plupart des généraux ne comprendrait pas un prolongement de mission, malgré l’accord moral qui avait été passé en novembre. Il lui faut donc se retirer, poliment, et d’autant plus qu’après qu’une partie du MAPU s’est radicalisée, un discours d’Altamirano réaffirme sa préférence pour « avancer sans transiger », rester reviendrait à cautionner. Schneider assassiné, sa doctrine doit rester cependant vivante pour Prats, et l’Armée neutre, coute que coute, tant bien que mal.

C’est donc un moment de réfle… Oh, non ! Quoi encore ?

Note

  1. Cf. 1. III §7.

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